Des tournois de poker dansles réserves amérindiennes
avr 4th, 2007 by admin
Le poker de tournoi tel que popularisé par la télévision fait son entrée au Québec. Un circuit de tournois à l’argent, le Sentier de poker des Premières Nations, a vu le jour dans des réserves amérindiennes.
Le projet a démarré dans la réserve innue de Pessamit, sur la Côte-Nord l’été dernier. Sept tournois ont déjà eu lieu à cet endroit. Une deuxième communauté s’est associée au projet, celle de Uashat Mak Mani-Utenam, près de Sept-Îles, qui tiendra un premier tournoi en avril.
D’autres communautés amérindiennes seraient sur le point de se joindre au circuit, dont la réserve de Kahnawake, à quelques minutes de Montréal.
Il est illégal au Québec de faire un profit sur les inscriptions d’un tournoi de poker. C’est pourtant ce qui se passe à Pessamit. En échange, les organisateurs présentent un produit de qualité avec tables de poker identiques à celles des Séries mondiales de poker à Las Vegas et croupiers formés dans les réserves.
Le poker de tournoi est déjà offert dans une multitude de bars du Québec, notamment le Jumelgi, rue Ontario à Montréal, qui organise des tournois quotidiens. Ces tournois sont tolérés pour l’instant, mais rien ne garantit que cette situation va durer, surtout que le Casino de Montréal s’apprête à inaugurer une salle de poker Texas Hold’Em avec tables automatisées.
À Baie-Comeau, la Sûreté du Québec a expressément interdit que des tournois de poker aient lieu dans les bars, ce qui a donné l’idée à Maxime Vollant d’en organiser dans la réserve de Pessamit.
«Le poker est une belle réussite dans le développement à Betsiamites. Soixante-dix pour cent de la clientèle vient de l’extérieur, c’est rare que de l’argent de l’extérieur rentre dans la communauté. Les gens dînent, soupent ici. Vont au dépanneur, au restaurant, font le plein ici. Le bouche à oreille va loin», dit Maxime Vollant, conseiller au développement local.
Au centre communautaire Ka Mamuitunanut, un magnifique auditorium flambant neuf, des précautions ont été prises pour minimiser les impacts négatifs sur la communauté de Pessamit. La salle de tournoi est interdite aux moins de 18 ans et on n’y sert pas d’alcool.
Circuit structuré
” Wow, à première vue, c’est incroyablement bien structuré, cette organisation “, écrit par courriel Élisabeth Papineau, chercheuse à l’Institut national de santé publique du Québec, après avoir consulté le site internet www.SentierPokerPremieresNations.com .
Son collègue Serge Chevalier a une réaction semblable : ” Il y a quelqu’un derrière tout ça qui sait ce qu’il fait. ” En effet, Pierre Martel organisait des étapes du Québec Poker Tour (QPT) en 2006. Incertain quant à l’avenir du QPT, Pierre Martel croit avoir trouvé une solution plus durable en offrant son expertise aux communautés amérindiennes.
L’Association des joueurs de tournois de poker du Québec, fondée par André Boyer, animateur à RDS, appuie également le Sentier de poker des Premières Nations.
Reste à voir jusqu’où ira le phénomène. ” La normalisation (banalisation sociale d’une activité hypothétiquement nuisible pour certains) va son bonhomme de chemin mais je ne parlerais pas pour l’instant de danger “, écrit Élisabeth Papineau.(source:http://www.cyberpresse.ca/article/20070401/CPACTUALITES/704010554/5025/CPDMINUTE)